Mildiou

Pour maîtriser le mildiou, le raisonnement de la lutte s’appuie sur deux voies complémentaires : des mesures prophylactiques et une lutte chimique préventive.

Des mesures prophylactiques bénéfiques

  • Maîtrise de la vigueur de la vigne (taille, fertilisation, enherbement)
  • Suppression des pampres qui favorisent l’installation de foyers primaires
  • Palissage et rognage soigné
  • Drainage (dans les parcelles qui le nécessitent) afin d’éviter la formation de mouillères
En cours de saison, la lutte au moyen de produits de protection :

  • La lutte préventive qui vise à détruire l’inoculum évite la contamination de la vigne et la maintient ainsi indemne de mildiou.
  • La lutte curative détruit le champignon à l’intérieur de la plante. Elle évite les contaminations ultérieures mais a permis au champignon de s’installer. Cette lutte est délicate à mener car elle nécessite de toucher le champignon tant qu’il est encore sensible aux produits, elle ne peut donc pas être une stratégie de lutte.
  • La lutte éradicante consiste à éliminer les fructifications du champignon. A cestade du cycle du champignon, des dégâts ont déjà pu être occasionnés. Elle nécessite l’emploi de produits très spécifiques, ultraperformants, mais avec des résultats aléatoires. Il n’est pas possible de baser une stratégie de luttesur ce type de lutte.


La lutte contre le mildiou est donc avant tout basée sur une stratégie préventive. Le début de la protection sera déterminé à la fois par le suivi de la maturation des œufs d’hivers (réalisé par des spécialistes), mais aussi par les modélisations fournies par des outils adaptés comme POSITIF, développé par Bayer CropScience. En fonction de ces deux indicateurs, selon la dynamique pressentie de l’épidémie, le choix sera fait d’attendre ou non l’apparition des foyers primaires (i.e. l’apparition des symptômes après les 1ères contaminations) Le renouvellement des traitements et les cadences dépendent ensuite de la pression de la maladie, des pluies annoncées et du mode d’action des produits. Là aussi les informations fournies par POSITIF sont fondamentales pour alimenter ces réflexions en cours de saison.
Positif Mildiou

Positif Mildiou réalise une prévision de l’évolution du mildiou en étudiant plusieurs hypothèses climatiques. Il permet d’obtenir une fourchette réaliste de l’évolution du risque parasitaire. Objectif : mieux positionner les traitements et être plus précis dans le choix des produits.

Le raisonnement de la lutte chimique s’appuie sur 4 grandes familles de produits :

  • les produits de contacts : ils ont une action préventive. Cette famille se compose notamment de produits minéraux comme le cuivre ou de produits organiques de synthèse comme le mancozèbe ou le folpel. Ces produits se déposent sur les feuilles et ils ont l’inconvénient d’être lessivables, c'est-à-dire qu’ils ne sont plus efficaces après une pluie de 20 mm (pour la majorité d’entre eux). Leur durée d’action est de 6-8 jours (hors pousse et hors lessivage).
  • les produits pénétrants : comme leur nom l’indique, ils se positionnent à l’intérieur des feuilles, ce qui les met partiellement à l’abri du lessivage. Parmi eux, on trouve, le cymoxanil, l’iprovalicarbe ou encore le diméthomorphe. Compte tenu de leur mode d’action unisite, une gestion des résistances s’impose pour les produits de cette famille avec une limitation des traitements par saison (lien avec future note mildiou). Leur rémanence est généralement considérée être de 10-12 jours. Leur propriété de pénétration ne leur permet néanmoins qu’un très léger accompagnement de la pousse puisque le produit n’est pas revehiculé dans la plante.
  • les produits systémiques : ils pénètrent par toutes les parties vertes de la vigne ayant reçu le traitement. Ils sont donc rapidement à l’abri du lessivage. Contrairement aux produits pénétrants, ils circulent dans la sève. La plupart ne possèdent qu’une systémie ascendante, qui ne permet pas la protection des jeunes pousses. Le Fosétyl-Al en revanche, possède une double systémie qui lui confère la propriété de protéger les pousses formées après le traitement. Leur persistance d’action est généralement de 12-14 jours.


En vue de prévenir l’apparition de résistances ou de gérer des résistances déjà présentes, il est recommandé d’alterner les familles chimiques disponibles et de limiter le nombre de traitements pour chaque famille de produits. Seul le Fosétyl-Al n’est pas concerné par ces restrictions, du fait de son mode d’action particulier de Stimulation des défenses Naturelles. Il est donc possible de bâtir un programme de protection sur les produits de la gamme Fosétyl-Al.
Pour une efficacité optimale des produits, une pulvérisation de qualité face par face sur tous les rangs est nécessaire.