Stade fleur
Physiologie de la floraison
De la séparation des boutons floraux à la formation des baies, la floraison est une phase déterminante du cycle de la vigne.
- Une particularité de la vigne : l’initiation florale se déroule sur deux cycles de végétation. Elle débute dans les bourgeons latents avant qu’ils n’entrent en dormance, l’année précédente, entre mai et août, pendant la croissance du rameau fructifère de l’année.
- La date de début de floraison est très variable selon les cépages. Elle démarre à la base des inflorescences et se poursuit jusqu’aux boutons de la pointe. En se détendant comme des ressorts, les filets des étamines expulsent les pétales qui se détachent à la base mais restent soudés entre eux par le sommet. Ils forment alors un capuchon qui va sécher et libérer l’ovaire et les étamines matures. En fonction des conditions météo, la durée de la floraison peut aller de 5-6 jours jusqu’à deux ou trois semaines.
- Si la fécondation n’a pas lieu (avortement et coulure) ou si elle est altérée (millerandage), les pertes de récolte peuvent être très importantes.
- La jeune baie grossit très rapidement dans les 15 jours qui suivent la nouaison. Elle marque ensuite une pause pendant la formation des pépins, puis reprend son grossissement jusqu’à la véraison. Une grappe peut mener à maturité 100 à 200 baies selon les cépages.
Une période essentielle pour la vigne
On dit souvent, à juste titre, qu’à la floraison on peut tout gagner ou tout perdre. C’est en effet une période charnière où la vigne mobilise toute son énergie pour se transformer et s’engager dans la phase de fructification. Il est donc important d’éviter les opérations d’écimage ou de rognage pendant la floraison et de les repousser, car elles induisent une mobilisation des réserves vers les organes végétatifs aux dépens des inflorescences. Si la formation de la fleur puis la fécondation se passent bien, le nombre de fleurs et le taux de fruits sur fleurs seront optimisés, gage d’une production de raisins de qualité.
Une très grande vulnérabilité face aux maladies
Tous les professionnels de la vigne sont unanimes : la floraison est LA période critique de la protection phytosanitaire de la vigne. En effet, on ne maîtrise pas la nuisibilité du botrytis installé à la chute des capuchons floraux, tout comme on ne rattrape jamais une attaque de mildiou sur inflorescences et qu’on ne peut stopper la progression de l’oïdium quand il a colonisé les boutons floraux. Toute prise de risque à la floraison peut ainsi avoir des répercussions économiques directes pour le viticulteur. C’est pourquoi une protection performante y est incontournable et justifiée.
