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Vin et santé,
la modération au menu

Vertueux pour les uns, dévastateur pour d’autres, le vin et son influence sur notre santé alimentent les conversations des scientifiques et des professionnels du vin depuis plus de 20 ans. Le point sur un sujet où la modération s’impose.

Une nouvelle fois, des travaux scientifiques donnent raison à une consommation modérée et quotidienne de vin. C’est ce que révèle une étude publiée en novembre 2010 dans le « British Medical Journal ». Sous la direction du docteur Jean-Bernard Ruidavets, les recherches ont comparé les habitudes de consommation d’alcool chez les hommes d’un certain âge en France et en Irlande. Les résultats montrent que si en quantité d’alcool, les Français consomment davantage, ils sont moins impactés que les Irlandais par des maladies coronariennes. En cause, les habitudes de consommation en Irlande où le drinking est courant.

Les chercheurs ont notamment montré que les hommes qui buvaient plus de 50 grammes d’alcool en une seule occasion (soit environ 5 verres de vin) présentaient plus de deux fois plus le risque de souffrir d’un infarctus du myocarde ou de mourir de maladie coronarienne (infarctus) que les consommateurs réguliers.

Cette étude conforte l’ensemble des travaux scientifiques menés depuis la mise en évidence du French Paradox, en 1991 (voir encadré).

 

Une hygiène de vie méditerranéenne

Au-delà de l’effet protecteur d’une consommation modérée de vin sur les maladies cardiovasculaires, d’autres études montrent que les consommateurs de vin ont une meilleure hygiène de vie alimentaire : alimentation équi librée, activité sportive, moins de tabagisme… Tous ces facteurs combinés à une consommation de vin « à la méditerranéenne » au cours des repas contribuent à réduire les risques cardio-vasculaires mais également certains cancers et les maladies neuro-dégénératives. En effet, si l’estomac et l’intestin ne contiennent pas de nourriture, l’alcool rejoint très rapidement la circulation sanguine d’une part et agresse la muqueuse intestinale d’autre part. Or cette muqueuse est essentielle pour une bonne assimilation des aliments et notre reconstruction de l’alimentation. A contrario, si l’estomac est plein, l’alcool y séjourne plus longtemps et l’absorption se déroule plus lentement. Le mode de consommation du vin apparaît donc déterminant pour profiter des bénéfices du divin breuvage et notamment des polyphénols.

 


L’effet bénéfique des polyphénols

Les polyphénols sont en effet des molécules anti-oxydantes complexes que l’on trouve dans les végétaux. Ils agissent dans l’organisme en neutralisant les radicaux libres oxygénés produits par la respiration cellulaire et le métabolisme. Ils contribuent ainsi à retarder le vieillissement cellulaire. Plus généralement, l’effet protecteur du vin serait attribuable à la molécule d’éthanol et aux polyphénols, notamment les flavonoïdes. Cette limitation de l’oxydation des cellules, est une propriété beaucoup plus générale des polyphénols pouvant rendre compte d’un effet protecteur sur le système nerveux central et ses maladies dégénératives comme la maladie d’Alzheimer mais toujours à dose modérée.

« L’alcool ou le vin ne sont eux mêmes ni bénéfiques, ni maléfiques pour notre santé. C’est l’usage qu’on en fait qui les rend dangereux ou favorables » précise Jean-Paul David, interniste endocrinologue et nutritionniste et président fondateur de l’association « Vin, Santé et Plaisir de Vivre ».

Enfin, au-delà des constats scientifiques, la consommation modérée de vin possède une qualité essentielle, celle de la convivialité et du partage, un véritable lien social à développer sans modération!

 

AVIS D’EXPERT

Jean Paul David

Jean-Paul DAVID,
enseignant à l’ISARA FORMA SUP et à l’Université de Lyon,
fondateur de l’association Vin, Santé et Plaisir de Vivre



« Modération et éducation »

 

« Depuis la mise en évidence du French Paradox il y a plus de 20 ans, l’influence positive d’une consommation modérée de vin sur la santé a pu être confirmée par de nombreux scientifiques. En effet, une consommation raisonnable semble avoir un effet protecteur sur les maladies cardiovasculaires notamment. Par consommation modérée, on entend 1 à 3 verres par jour chez la femme (14 verres maximum par semaine et 1 journée d’abstinence) et 1 à 4 verres chez l’homme (21 verres maximum par semaine et 1 journée d’abstinence). Par ailleurs, il est recommandé de ne pas dépasser 4 à 5 unités lors d’une occasion festive (pour ne pas tomber dans le Binge drinking). La notion de modération est essentielle car au-delà de 35 à 40 grammes d’alcool par jour, les effets délétères prennent le dessus sur les bénéfices et l’on peut alors considérer que l’on oxyde brutalement les cellules (on met le feu !).

 

Le contexte dans lequel est consommé le vin semble également très important : au cours d’un repas équilibré, une consommation raisonnable de vin aura un effet positif alors qu’à jeun, l’organisme développera des germes toxiques. Les effets bénéfiques du vin sur le développement de certaines pathologies peuvent être attribués aux effets protecteurs des polyphénols contenus dans le vin. Ces substances ont aussi des propriétés anticancéreuses reconnues mais attention une consommation modérée de vin ne protège pas de tous les cancers, certains cancers des voies digestives ainsi que le cancer du sein chez la femme ne semblent pas en bénéficier. La complexité de ces sujets montre bien qu’il est indispensable de mettre en oeuvre des actions pour une éducation à une consommation modérée de vin afin que le vin reste un plaisir pour les consommateurs et leur entourage ».