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Gérer proprement
les effluents phytosanitaires

Depuis 2007 (suite à l’arrêté du 12 septembre 2006), les effluents phytosanitaires doivent faire l’objet d’une épuration. Plusieurs possibilités s’offrent au viticulteur : élimination à la parcelle, traitement sur l’exploitation ou dans un centre spécialisé. Douze dispositifs de traitement ont été agréés par le Ministère de l’Environnement. Parmi eux, le Phytobac® apparaît comme un dispositif efficace et simple à mettre en oeuvre.

Pour avoir le moins d’effluents possible, il faut en avoir le moins à traiter. Cela paraît évident mais cela implique pour le viticulteur de limiter les fonds de cuve et donc de calculer au plus juste le volume de bouillie nécessaire pour la surface à traiter.

 

Première stratégie, à la parcelle

La réglementation autorise l’élimination des effluents à la parcelle, c’est le sol lui-même qui joue alors le rôle d’épurateur. Le rinçage de la cuve se fait par dilution au 1/5e suivi d’un épandage sur la parcelle traitée (sans dépasser la dose maxi autorisée). La vidange de la cuve s’effectue après au moins un rinçage avec une dilution au 1/100e en respectant des distances (50 mètres des points d’eau et 100 mètres des lieux de baignade et points de prélèvement). Le lavage du pulvérisateur sur la parcelle n’est possible qu’après le rinçage de la cuve et il ne peut être envisagé qu’une fois par an sur une même surface en respectant toujours les distances mentionnées ci-dessus. La simplicité et le faible coût sont les deux avantages de cette solution. Néanmoins, la disponibilité en eau propre doit être prise en compte ainsi que la nécessité d’adapter le matériel (limitation du fonds de cuve au désamorçage, cuve d’eau claire). En réponse aux attentes réglementaires et à celles des exploitants, la Chambre d’Agriculture du Gard vient de mettre au point un matériel qui permet de nettoyer efficacement le pulvérisateur à la parcelle (voir encadré Innovation).


Deuxième solution, sur l’exploitation

Pour les viticulteurs qui ne peuvent laver ou diluer les fonds de cuve à la parcelle, il faut alors prévoir un site spécifique où les effluents sont récupérés. Se pose alors la question du choix de système de traitement : 12 systèmes sont homologués en viticulture (la liste complète est disponible sur le site :
http://www.vignevin.com/fileadmin/users/ifv/publications/A_telecharger/DispoTraitEffluents.pdf

On distingue les procédés dits « rustiques » de nature technique simple et d’investissement limité, ils reposent sur la dégradation biologique du substrat.

Economes, ces systèmes sont bien adaptés à la gestion de volumes d’effluents limités, ce qui est le cas des exploitations individuelles. Parmi eux, le Phytobac® apparaît comme un système simple, autonome et ne générant aucun déchet (voir encadré Phytobac®). D’autres procédés « technologiques » font appel à du matériel et à une mise en oeuvre plus sophistiqués comme l’ultrafiltration, l’osmose inverse ou encore la photocatalyse. Ces procédés sont plus techniques et plus coûteux. Les projets collectifs sont intéressants car ils permettent de partager les coûts.
En revanche, il faut trouver des partenaires intéressés, un lieu qui convient à tous et se pose alors le problème de la traçabilité.

 

Le traitement en centre spécialisé, la troisième voie

Le traitement des effluents peut également être réalisé en prestation de service. Il est nécessaire alors de stocker les effluents (dans un conteneur mis à disposition par le prestataire agréé qui assure également le transport). Il faut alors compter 200 euros HT pour la rotation d’un conteneur consigné de 1000 litres et 400 euros HT et hors TGAP de coût de traitement par tonne de déchet. En cas de transport des effluents vers une aire de traitement, il faut savoir que les effluents sont considérés comme des déchets dangereux. Ils sont à ce titre soumis à une réglementation stricte et leur transport doit être soumis à une déclaration en préfecture.

 

QU’ENTEND-ON PAR EFFLUENT ?

Les effluents phytosanitaires sont des déchets dangereux*. Ils doivent à ce titre être gérés dans des conditions propres à éviter des effets préjudiciables sur l’environnement.


Ce sont :
- les fonds de cuve
- les bouillies phytosanitaires non utilisables
- les eaux de nettoyage du pulvérisateur
- les effluents liquides ou solides issus des traitements.


*appelés aussi déchets industriels spéciaux (DIS)

PHYTOBAC®

Phytobac
5 questions à Sonia Laurent,
Ingénieur Opérationnel Bonnes Pratiques,
Bayer CropScience.

 



Comment fonctionne le Phytobac® ?

Le Phytobac® est constitué d’un mélange de terre et de paille isolé du milieu environnant. Basé sur le pouvoir épurateur du sol, il est autonome et ne génère aucun déchet industriel spécial (DIS). Pour bien fonctionner, il lui faut de l’humidité, de l’air et du carbone ; un bon substrat doit être en général poreux et humide.

 

Comment le mettre en place ?
PhytobacIl est possible de réaliser soit même son lit biologique. Dans ce cas, il est conseillé de prendre contact avec des sociétés qui possèdent l’expertise Phytobac® afin de dimensionner et réaliser son Phytobac® en tenant compte des contraintes de l’exploitation. La réalisation peut également être confiée à des artisans choisis par l’exploitant agricole. Enfin, des kits prêts à l’utilisation sont disponibles auprès des partenaires industriels et techniques de Bayer CropScience (www.biotisa.com, www.hermex.fr).

 

Le Phytobac® nécessite-t-il un entretien particulier ?
Sa maintenance est relativement simple : contrôle de l’humidité, décompactage, recharge périodique en matière organique et aération du substrat au moins une fois par an. Il est recommandé d’effectuer une analyse physico-chimique une fois par an (ph/MO/ teneurs en éléments minéraux) afin de s’assurer de son bon fonctionnement. L’épandage du substrat n’est pas obligatoire, en cultures pérennes, il est recommandé tous les 5 ans.

 

Quel est son coût ?
Parmi les Phytobac® existants, les prix de revient s’échelonnent entre 1000 et 20000 euros, une grande majorité des Phytobac® « rustiques » se situant entre 2 et 4000 euros et les Phytobac® prêts à l’emploi ont une valeur comprise entre 5 et 20000 euros, voire plus, pour ceux de très grande taille. Le coût en énergie est nul ou très faible.

 

Le Phytobac® peut-il être envisagé dans des démarches collectives ?
Ce système peut être mis en oeuvre aussi bien au sein d’une exploitation individuelle que de manière collective, c’est seulement le dimensionnement qui change avec pour l’exploitant de possibles économies d’échelle.

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INNOVATION

Lavotop pulvé, pour laver efficacement le pulvérisateur à la parcelle

La Chambre d’Agriculture du Gard a mis au point un nouveau système de lavage à la parcelle, le « Lavotop Pulvé ». «Ce matériel est constitué des équipements nécessaires à un lavage en deux temps : tout d’abord, l’agriculteur pulvérise le détergent avec un jet propulsé en basse pression, puis le nettoyage se réalise avec un jet à haute pression. Les 105 litres de la cuve associé au détergent permettent de nettoyer efficacement le pulvérisateur durant 12 à 16 minutes » explique Renaud Cavalier, concepteur du Lavotop Pulvé et conseiller machinisme à la Chambre d’Agriculture. Le Lavotop Pulvé s’accroche à l’avant du tracteur sur un attelage 3 points ou sur une plaque de fixation. Son coût est de 3500 euros.