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Ravageurs de la vigne :
tordeuses et cicadelles

Nous n’ aborderons dans cet article que les ravageurs principaux de la vigne que sont les tordeuses et les cicadelles de la flavescence dorée et des grillures.

Les tordeuses de la grappe

a. Eudémis (Lobesia botrana) et Cochylis (Eupoecilia ambiguella) de première génération ou G1

Les tordeuses hivernent sous forme de chrysalide sous les écorces du cep. La diapause sera levée par l’élévation des températures, les premiers papil­lons vont émerger et après accouple­ment vont générer les pontes de la 1ère génération.
Les premiers piégeages de Cochylis interviennent généralement à partir de début Avril à la faveur d’une météo chaude et clémente.
Les Eudemis un peu plus tardives (7 à 10 jours pour une même zône viticole) sont présentes dans la majorité des vignobles ; leur progression dans les vignobles septentrionaux est encore plus perceptible depuis l’été canicu­laire de 2003.
La lutte contre la G1 n’est pas syté­matique ; de nombreux viticulteurs n’interviennent pas chimiquement et se servent de cette G1 pour éclaircir quelques raisins lorsque la sortie de grappes est suffisante. En cas de fort piégeage, un saumurage est néces­saire pour déclencher ou non le traitement (le seuil de déclenchement est atteint à 80 larves/100 inflorescences).

Eudémis

b. Eudémis et Cochylis de seconde génération ou G2

Beaucoup plus préoccupante que la G1, la G2 est à observer minutieuse­ment pour définir la stratégie de lutte ou non en fonction des piégeages : pièges à phéromones complétés par des observations de pontes (25 grap­pes sur 10 ceps). Une intervention est nécessaire à partir de plus de 5 à 10 pontes par 100 grappes contrôlées.
Le piégeage alimentaire (méthode mise au point par D. Thierry - INRA Bordeaux) peut compléter les obser­vations pour définir la date de l’inter­vention en fonction de l’insecticide retenu.
Des spécialités insecticides à modes d’action différents sont homologuées pour l’usage tordeuses de la vigne. Les spécialités ovicides sont à appli­quer dès le début des pontes. les insecticides ovicides/larvicides peu­vent être positionnés jusqu’au stade tête noire (voir photo ci-contre) , ces spécialités sont à privilégier afin d’in­tervenir en préventif avant que la larve n’ait pénétré dans la baie.
Enfin des insecticides neurotoxiques sont également utilisables, ils seront positionnés en curatif sur les larves. Les dégâts sont observables sur les baies de raisins et sont autant de por­tes d’entrée pour le botrytis et Aspergillus carbonarius, responsable de l’OTA, dans les vignobles proches du littoral méditerranéen.

Eudémis

c. Eudémis de troisième génération ou G3

Cette génération ne concerne que l’Eudemis ; elle est en recrudescence en PACA, en Languedoc-Rousillon, dans les vignobles du Sud-Ouest et depuis peu dans le vignoble du Médoc. La 3ème génération d’Eudemis plus tardive à partir de la mi-juillet et plus proche de la vendange est la plus pré­judiciable car les dégâts sur baies sont directement responsables des atta­ques de botrytis, drosophile ou de la présence d’Ochratoxine A dans les vignobles Méditerranéens.
La lutte contre cette génération est par ailleurs complexe car le vol est très étalé. Les meilleurs programmes insecticides apportent une efficacité de l’ordre de 80%. Un début de qua­trième génération d'Eudemis est observable certaines années dans les vignobles du Sud.
La protection contre les tordeuses de la vigne à l’approche de la récolte est très importante en production de rai­sins de table pour lesquels les dégâts sur les baies sont synonymes de cise­lage engendrant des frais de main d’œuvre supplémentaires et un déclas­sement du raisin de la catégorie extra en catégorie inférieure .
Le DAR du produit à utiliser sera un des éléments à prendre en compte pour choisir la spécialité apportant la meilleure protection avec un délai d’emploi avant la récolte court. Les applications avec les anti-tordeu­ses sont localisées sur la zone fructifère et associées avec les anti-botrytis lors­que les stades d’intervention corres­pondent.
Une recrudescence de la pression tor­deuse est observée sur la G1 et le début de G2 en 2009 dans tous les vignobles ; il sera intéressant de dresser un bilan de campagne lors des vendanges.

Cicadelle de la flavescence dorée : Scaphoideus titanus

La cicadelle de la flavescence dorée ou jaunisse de la vigne est un phytoplasme assez proche des bactéries. Il peut survivre, soit dans les cellules vivantes du cep infecté, soit dans l’insecte vecteur, qui va transmettre la maladie de cep à cep. Il ne présente qu’une génération.
En raison de sa propagation explosive et des dégâts occasionnés, cette maladie fait l’objet d’une lutte obligatoire régie par arrêté ministériel depuis juillet 2003 et complété par des arrêtés préfectoraux organisant la lutte dans les départements viticoles concernés.
La lutte contre la cicadelle de la flavescence dorée, pour être réussie, doit être collective. Le vignoble Bordelais en est le parfait exemple, après quelques années de lutte sérieuse , nous assistons maintenant à un aménagement de la lutte obligatoire dans certaines communes qui sont passées à 2 ou 1 applications et même à des communes assainies alors que la lutte obligatoire prévoit 3 applications.
Au contraire, dès lors que la vigilance est moindre, de nouveaux foyers sont rapidement observables. La première application est réalisée après éclosion (J) et avant J+30 avant que la larve n'ait acquis le stade virulifère. La seconde application est réalisée le plus souvent autour de J+20, 14 jours après le T1. La troisième application, en juillet, vise les adultes afin d’abaisser les niveaux de population pour diminuer la pression parasitaire l’année suivante. Les avertissements délivrés par le SRAL et les mairies sont largement diffusés dans les communes concernées en indiquant les dates d’intervention et les insecticides autorisés dans la lutte contre la flavescence dorée.
Ce marché de la lutte contre la cicadelle de la flavescence dorée est dominé par les pyréthrinoïdes de synthèse.

La Cicadelle verte ou des grillures : Empoasca vitis Cicadelle

Cette cicadelle présente 2 à 4 générations.
En pratique, nous observons le plus souvent 2 générations dans nos vignobles, une première génération en avril/mai et la seconde en juillet/août . Les dégâts sont occasionnés par les piqûres dans le phloème qui affaiblissent le cep et provoquent des jaunissements sur les cépages blancs et des rougissements sur les cépages rouges. Les seuils d’intervention pour lutter contre la cicadelle des grillures ont été modifiés récemment en passant de 50 larves pour 100 feuilles à 100 larves pour 100 feuilles.

Dans la pratique, de nombreuses applications contre ces cicadelles sont réalisées en deçà du seuil d’intervention le plus souvent avec des spécialités ayant des homologations sur vers de grappes et cicadelles des grillures. Les applications contre les cicadelles de la flavescence dorée et des grillures sont réalisées sur l’ensemble de la végétation et sont le plus souvent associées aux produits anti-mildiou et/ou anti-oïdium.