Application des produits phytosanitaires
le bon comportement
Une étude réalisée par Bayer CropScience confirme que l’utilisation de moyens de protection combinée à l’usage d’une cabine fermée permet de réduire fortement l’exposition de l’applicateur aux produits phytosanitaires. Le comportement des applicateurs est également déterminant.
« Lorsque l’applicateur prend des précautions avant, pendant et après le traitement, l’exposition est fortement réduite » explique Guy Blanc, responsable technique filière vigne chez Bayer CropScience. Pour sensibiliser les viticulteurs à cette réalité, Bayer CropScience a conduit au cours de l’été 2005 une étude auprès de 16 applicateurs dans le Bordelais, en Champagne et en Bourgogne. « Les viticulteurs ont été suivis pendant une journée entière, tous les vêtements et sous-vêtements, fournis neufs en début de journée, ont été récupérés en fin de journée avant d’être analysés. Au niveau de la poitrine, une pompe connectée à un filtre collectait la quantité potentiellement inhalée pendant la journée. Plusieurs types de pulvérisateurs étaient utilisés (à jets portés, pneumatiques ou à jets projetés) et sur les 16 enjambeurs ou tracteurs interlignes, 5 ne disposaient pas de cabine » commente Isabelle Ladeveze, Ingénieur Technique Environnement Filière Bassin Aquitaine Vigne.
Mains, la voie majeure de contamination
L’étude montre et rappelle clairement que les mains sont la principale voie de contamination, loin devant le corps, le visage et l’inhalation. « Le port des gants permet de réduire les contaminations de plus de 87 % pour les trois quart des viticulteurs. Le port des gants est de fait indispensable pendant toutes les phases exposantes » précise Guy Blanc. Un des opérateurs qui n’avait pourtant pas de cabine mais qui portait des gants en permanence avait réduit ainsi son taux de contamination des mains de 99 %. De la même façon, le port de vêtements couvrants (veste et pantalon) permet de réduire l’exposition du corps de 98 %.
Le plus des cabines fermées
Deuxième enseignement majeur de l’étude, les cabines fermées sont un facteur de protection important, pour les jambes et le torse, mais aussi vis-à-vis de l’inhalation. « En l’absence de cabine, l’exposition par inhalation augmente et il faut prendre en compte qu’il s’agit là d’une voie de pénétration directe » commente Isabelle Ladeveze.
Attention au nettoyage et aux manipulations en cours de traitement
Enfin, le nettoyage apparaît comme une phase non négligeable de l’exposition, il accroît en effet l’exposition potentielle d’environ 30 %. « Durant cette phase, la vigilance des applicateurs est moins importante ; Ils doivent en conséquence impérativement porter des combinaisons, des bottes et des gants » recommande Guy Blanc. L’augmentation de l’exposition peut venir également d’incidents en cours de traitement qui vont conduire l’applicateur à intervenir sur le pulvérisateur, il faut là encore penser à se protéger en particulier par le port de gants. Un pulvérisateur bien réglé sur lequel la probabilité d’intervention est très faible apparaît de fait comme la meilleure solution.
Une question de comportement
Plus généralement, l’étude montre que le comportement des applicateurs est déterminant : « il faut que les viticulteurs prennent conscience des risques auxquels ils sont exposés lors des différentes phases du traitement et s’équipent en conséquence » observe Guy Blanc. Plusieurs moyens peuvent ainsi être mis en oeuvre pour limiter les risques d’exposition : entretien du matériel, utilisation de gants propres ou neufs (penser à emporter une boîte de gants jetables dans la cabine), mise en place d’une boîte de stockage pour les vêtements et les gants contaminés… « Tout ce qui peut entraîner un contact direct avec le produit doit être évité ». Une question de bon sens qui nécessite d’être vigilant tout au long du traitement.
«Des EPI (equipements de protection individuelle) indispensables à la protection de l’applicateur»
• Masque de protection respiratoire ou masque (cartouches A2P3)
• Gants en nitrile (EN 374 de catégorie 3 et EN 388 abcd) - gants fins à usage unique (épaisseur inférieur à 0,3mm à réserver pour le débouchage des buses, et le contact avec des cultures traitées) - gants réutilisables (épaisseur minimum 0,3mm et longueur minimale de 35cm, portés sur la combinaison)• Lunettes (EN 166)
• Combinaison jetable (EN 340) type 4 (type 3 pour produits T et T+ et pour pulvérisation à projection intense)
• Bottes (EN 345,346,347
Tous ces équipements de protection sont très fortement recommandés lors des 2 phases critiques que sont la préparation de la bouillie et le nettoyage mais également lors de toute intervention sur le pulvérisateur en cours de traitement. En l’absence de cabine fermée, les EPI sont conseillés en continu de la préparation au nettoyage, y compris pendant la phase de traitement.
